Quand la folie financière contamine les collectivités locales
Comme l’explique bien Emmanuel Lévy, c’est la banque Dexia qui est au cœur d’un immense scandale. En effet, de 1995 à 2009, plus de cinq mille collectivités locales et établissements publics ont souscrit à des emprunts toxiques. Le principe était assez simple : baisser les taux d’intérêt d’emprunt par des montages financiers complexes, avec des paris sur l’évolution des taux d’intérêt ou des parités monétaires. Mais ces montages sont devenus toxiques avec la crise.
L’augmentation du taux de change du franc suisse ou la baisse de la livre ont ainsi affecté le niveau des taux payés par les collectivités locales dans les montages complexes proposés par les cerveaux malades de Dexia aux dirigeants des collectivités locales ou d’établissements publics. Tout cela démontre une nouvelle fois les ravages de la financiarisation excessive de l’économie, dont les montages complexes servent surtout à empocher des primes juteuses en faisant prendre des risques à autrui.
Une responsabilité inégale
Bien sûr, les dirigeants publics portent une part de responsabilités : ce sont eux qui ont signé ces contrats dont le coût a explosé. Et après tout, quand on signe un contrat, on est responsable de ce que l’on signe et il leur revenait de s’assurer que les économies qu’ils réalisaient de la sorte n’étaient pas équilibrées par une prise de risque excessive, contenue dans les petits caractères que devaient comprendre des contrats. Ils auraient du se dire qu’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
Néanmoins, comme pour les crédits subprimes, ainsi que l’explique brillamment Paul Jorion, il y avait sans doute une grande asymétrie d’informations entre les banques qui ont proposé de tels prêts et les organismes qui les ont souscrit. De même que les banques ont fait n’importe quoi en prêtant dans des conditions délirantes à des ménages qui n’en avaient pas les moyens, mais en se protégeant contre leurs défauts, Dexia porte une lourde part de responsabilité.
Car qui peut croire que les personnes chargées de prendre ces décisions avaient les compétences pour évaluer en toute objectivité les risques et opportunités de tels prêts ? De même, qui peut croire que la banque a suffisamment prévenu ses clients des dangers de tels montages et les a suffisamment sensibilisé aux conséquences potentielles ? On imagine plutôt qu’elles ont au mieux minimisé les risques, ou qu’elles les ont délibérément passé sous silence.
Cet épisode démontre une nouvelle fois la folie de la financiarisation de nos économies. Mais il est extrêmement malheureux que les leçons ne soient pas tirées de ces épisodes. Pourquoi n’interdisons-nous pas ce type de prêts pour les collectivités locales et les établissements publics ?
L'économiste Nouriel Roubini a su prévoir la crise des subprime avant tout le nombre mais ses prévisions ne se sont pas toujours réaliséesCrédits photo : Lee Jin-man/AP
Nouriel Roubini connu pour avoir prévu la crise financière de 2008 avant tout le monde estime que les Etats-Unis et la plupart des économies avancées sont déjà entrés en récession. L'économiste a également conseillé à ses clients d'agir en sens pour faire «le coup de l'année».
Le diagnostic du «Dr catastrophe » est sans appel : «La plupart des économies avancées est en chemin vers une nouvelle récession». Nouriel Roubini ajoute, lors d'une conférence organisée par Bloomberg , que les dernières statistiques économiques publiées outre-Atlantique laissent penser que les États-Unis, la Grande-Bretagne et les principaux pays de la zone euro ont même déjà un pied dedans.
La confiance des ménages américains est en effet restée stable en septembre à un niveau proche de son point le plus bas atteint deux ans auparavant, au plus fort de la crise. Les ménages américains sont en outre de plus en plus nombreux à affirmer qu'il est difficile de trouver un emploi. Au même moment, les gouvernements européens peinent à résoudre la crise de la dette.
Ainsi aux yeux du président et co-fondateur du fonds Roubini Global Economic, «la question n'est donc plus de savoir s'il y aura ou non une contraction de l'économie, mais plutôt de savoir quelle sera l'ampleur de la récession et si nous connaîtrons une nouvelle crise financière internationale». L'influent économiste indique que «la réponse à ces questions dépend de ce qui se passera dans la zone euro et si les dirigeants européens seront en mesure d'agir ensemble». Dans le même temps, le prédicateur de la crise de 2008 précise que «les hommes politiques n'ont plus de cartouches».
Et le pessimisme légendaire de Nouriel Roubini lui fait dire que les conséquences de la crise de la dette en Europe pourraient être «pires» que celles de la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers en 2008.
Le docteur Jekyll et Mister Hyde de la finance
De sombres prédictions qui font échos aux conseils prodigués par Nouriel Roubini à ses propres clients. Dans une lettre théoriquement confidentielle, le patron de la société de conseils financiers Roubini Global Economic a en effet récemment recommandé à ses clients de vendre leurs actifs liés aux dettes souveraines européennes. Selon lui, ces derniers réaliseront ainsi «leur coup de l'année». Nouriel Roubini a martelé : «prenez l'argent et fuyez».
Et si l'homme tour à tour professeur d'économie respecté et spéculateur à la tête d'un fonds d'investissement, a su prévoir la crise des «subprimes» dès 2006, il n'a pas toujours eu raison. Lorsque l'indice boursier S&P 500 est tombé à son plus bas niveau en douze ans au mois de mars 2009, Nouriel Roubini estimait alors qu'il continuerait de chuter. Or l'indicateur américain s'est ensuite envolé de 65% au cours de l'année 2009 ! Reste ainsi à espérer que cette fois les prévisions du docteur Jekyll et Mister Hyde de la finance ne se réaliseront pas.
Un conseil municipal se déroulera le Mercredi 28 septembre 2011 à 18 h 00 dans les salons d'honneur de l'Hôtel de ville.
Emmanuel Todd et la famille
27/09/2011 18:05 par dlr14ème_62
Emmanuel Todd et la famille
27/09/2011 18:05 par dlr14ème_62
On ne parle plus que de lui. Notre démographe national, grand défenseur des thèses protectionnistes et pamphlétaire talentueux aux formules acerbes vient donc de sortir le livre de sa vie. Un livre qui résume la somme de travail colossale sur ses recherches concernant l'évolution des structures familiales et leur influence sur le comportement collectif des sociétés. Le livre vient de sortir et je n'ai pas encore le temps de le lire faute de temps, un temps qui d'ailleurs me manque pour écrire sur le blog comme vous avez dû le remarquer. J'espère pouvoir tout de même retrouver un rythme plus régulier au mois d'octobre. Pour en revenir à Todd il a donné plusieurs interviews sur son livre, dont une, sur France Info qui résume rapidement les propos du livre. On peut également visionner une conférence qu'il a donné au Japon cet été, et qui présente plus longuement ses travaux, même si l'écoute est assez pénible à cause de la nécessité de traduction en direct.
Je suis les travaux de Todd depuis assez longtemps cependant pour savoir à peu près à quoi m'attendre dans ce nouveau livre. La grosse nouveauté est cependant celle annoncée par le maître lui-même. Il s'agit du fait que la structure familiale nucléaire de type ouest-européen serait en fait le système familial primordial, celui qui a précédé les structures familiales plus complexes du cœur de l'Eurasie. Alors que l'on a plutôt l'habitude de penser que les structures familiales complexes, celles qui nécessitent des règles tacites de fonctionnement et qui lient tous les membres de la famille d'après un code, comme étant plus anciennes. Et bien d'après les travaux de Todd il n'en est rien. Les structures de familles complexes sont arrivées plus tard et leurs pratiques se sont diffusées à partir des cœurs les plus anciens de la civilisation la Mésopotamie et la Chine, pour se diffuser pratiquement à l'ensemble de l'Eurasie. Les pratiques familiales complexes se sont donc diffusées petit à petit comme l'ont fait les techniques, les langues, les idées, les religions, ou l'écriture. Elles ont ensuite remplacé une organisation plus primitive et plus ancienne, celle de la famille nucléaire. Une famille réduite au père à la mère et aux enfants.
Cette vision de la séquence de transmission des structures familiales conduit donc Todd à considérer l'Europe, qui est l'extrême ouest de l'Eurasie, comme étant le lieu où l'ancienne structure familiale a pu survivre grâce au relatif retard de la région dans l'antiquité et à son éloignement des points d'origine des premières grandes civilisations. Car pour Todd ces structures familiales complexes sont des « progrès » qui ont en réalité de gros inconvénients à l'échelle des collectivités nationales. Les structures familiales complexes protègent les individus des hasards de la vie bien mieux que les familles de type nucléaire cependant elles ont tendance ainsi à déresponsabiliser l'individu et à l'infantiliser. On retrouve étrangement ici chez Todd des arguments typiquement libéraux concernant les effets des liens collectifs vis-à-vis des comportements individuels. Penser que les liens familiaux rendent nécessairement irresponsable lorsqu'ils sont très importants à quelque chose d'étrange. Même si l'on peut convenir que des individus dont l'avenir semble tracé dès la naissance n'auront probablement pas à faire preuve d'une grande capacité d'autonomie. Todd emploie ces mots d'infantilisation notamment à l'encontre des hommes dans la structure familiale patrilinéaire qui constitue l'archétype des familles du centre de l'Eurasie. On peut aussi rajouter que ces structures familiales, lorsqu'elles abaissent le statut de la femme, nuisent au niveau d'instruction général de la société. En effet, on le sait depuis longtemps, c'est la femme qui joue un rôle central dans le niveau d'instruction des enfants. Une femme avec un niveau d'instruction faible aura tendance à ne pas produire une éducation d'un niveau élevé pour sa progéniture. De fait, un faible niveau d'instruction chez les femmes peut paralyser le niveau d'instruction général de la société.
Il n'en faut pas plus à Emmanuel Todd pour conclure que les systèmes familiaux trop complexes et antiindividualistes sont de puissants freins au développement de l'instruction et donc in fine au développement technique et scientifique qu'une société peut atteindre. Ainsi pour Todd la stagnation qui s'est produite autour de la Mésopotamie ou en Chine est le fruit des structures familiales locales qui se sont développées après le début de ces civilisations et qui ont petit à petit endormi ces sociétés. On est ici bien loin des explications habituelles certaines présentant le fruit de la stagnation du monde arabe par exemple comme étant le fruit de l'idéologie islamique peu portée à l'instruction et au changement. On peut parler des théories basées sur les contraintes géographiques et les changements écologiques ou encore des théories comme celles de Jared Diamond qui mettent en premier l'effet de concentration des pouvoirs comme moteur de la stagnation. Jared Diamond, biologiste de formation et enseignant de géographie qui a introduit dans l'analyse de l'histoire des sociétés les principes darwiniens de l'évolution pour atteindre une vision extrêmement intéressante. La multiplicité des civilisations et des peuples sur un territoire pouvant mieux résister au temps que les blocs monoculturels. À ce stade de la réflexion, et n'ayant pas encore lu cette œuvre monumentale de Todd, je dois admettre mon scepticisme concernant l'hypothèse todienne. Car si les structures familiales peuvent sans doute entrer en compte dans l'orientation générale d'une société, on ne peut pas non plus réduire l'histoire humaine uniquement à cette donnée. On peut d'ailleurs ici se demander si Todd ne finit pas par devenir le miroir de ses ennemis économistes qui résument l'histoire humaine à la seule dimension économique. Todd lui la réduirait à la seule question des structures familiales.
L'avance historique de l'Europe, une simple affaire de structure familliale?
On pourrait cependant faire fusionner les visions d'un Todd avec celle d'un Jared Diamond. Et pour cela parler par exemple de l'Europe comme terrain d'application. Pour Todd si l'Europe a continué d'avancer pendant que le reste de l'Ancien Monde civilisé pourtant largement en avance, c'est essentiellement parce que les peuples d'Europe n'ont importé du reste du monde que les pratiques , les techniques, les idées et la religion tout en laissant de côté les structures familiales. De fait, l'Europe de l'Ouest aurait gardé les structures primitives de la famille nucléaire tout en acquérant l'écriture et les techniques des autres civilisations. Comme la famille nucléaire est plus libérale et laisse aux individus une plus grande marge de manœuvre dans leur vie et leur choix personnel, cette liberté aurait permis aux sociétés européennes d'avancer pendant que les sociétés à structure famille moins libre se mirent à stagner. Première remarque, le développement européen au tout début s'est fait essentiellement par la domination de Rome et par l'influence gigantesque de la civilisation grecque. Or ces deux civilisations n'étaient pas connues pour avoir un statut de la femme très élevé. Athènes n'était pas un parangon de vertu féministe que je sache, on dit pourtant que les Athéniens ont tout inventé de la philosophie, aux mathématiques, en passant par le théâtre. On peut évidemment dire que les Grecques ont bénéficié de l'influence de la Mésopotamie dans leur développement et c'est certain, mais ils ont tout de même ajouté une bien belle œuvre au patrimoine humain. Cela tout en étant une société à structure patriarcale et avec comme caractéristique d'avoir une société extrêmement ethnocentrique à famille souche. Todd en avait d'ailleurs parlé dans Après l'Empire lorsqu'il cherchait des correspondances entre l'empire américain et les empires de l'antiquité. On peut donc avoir une société en progrès tout en ayant une société fortement patriarcale avec des structures familiales non nucléaires. Mais peut-être est-ce une affaire de plus longue période historique. Ensuite il est encore une fois curieux de voir dans l'argumentation de Todd l'un des socles de la pensée libérale à savoir que seule la liberté individuelle permet le progrès. Nous avons pourtant sous les yeux les effets de la libération totale des individus sur la société dans son ensemble. Qu'il faille une certaine liberté pour innover certainement cependant une trop grande liberté individuelle et la société devient non viable. On notera également que le travail collectif a joué souvent un grand rôle dans les découvertes scientifiques et qu'il nécessite d'autres qualités que l'individualisme et l'égotisme.
Quoi qu'il en soit pour Todd c'est le fait que la famille nucléaire ait survécu en Europe qui a permis au continent de continuer à bouger sans tomber dans la stagnation technique. Chez Jared Diamond par contre, c'est la richesse des sociétés européennes, le fait qu'il y ait une grande variété de cultures, de langues et de pays différents qui ont permis au continent de continuer à avancer. En fait en suivant la vision de Jared Diamond, on pourrait dire que l'Europe a presque eu la chance de voir l'Empire romain s'effondrer. Si ce dernier avait survécu, l'Europe aurait somnolé comme l'Asie avec la Chine en son centre et nous en serions encore à vivre essentiellement d'une économie agraire en pensant que la terre est au centre de l'univers. C'est la compétition évolutionniste entre les peuples, les cultures, les nations qui a constitué l'essence même du développement européen. La diversité a garanti au continent la survie même en cas d'erreur d'une des sociétés participant à la compétition. Car lorsqu'un peuple se trompait de direction les autres continuaient à avancer, les plus faibles finissant par imiter les plus forts et ainsi de suite. La séparation des pouvoirs entre plusieurs entités et le fait que nulle nation ne pouvait à elle seule dominer le continent ont permis à l'Europe de continuer à évoluer. Il faut dire aussi que la géographie continentale se prêtait bien à cette séparation physique entre différentes entités. Il ne faut jamais oublier l'importance de la géographie dans la construction de frontières. Pour Diamond c'est donc cette émulation entre les peuples disparates d'Europe qui a permis cette longue avance technique et historique du continent européen.
On pourrait croire à première vue que ces deux visions sont opposées ou qu'elles ne sont pas compatibles. Pourtant à bien y réfléchir les thèses todiennes pourraient au contraire fortifier l'hypothèse de Jared Diamond. Todd nous dit en effet que les structures nucléaires ont survécu dans l'ouest Europe, pour faire court la France, la GB et l'Espagne. Mais on sait aussi que le continent européen a des peuples qui ont toutes les structures familiales de la planète. On retrouve des familles souches en France, en Allemagne, en Écosse. Des familles de type communautaire en Europe de l'Est en Russie, mais aussi dans le centre de l'Italie. En fait, le continent européen est la région du monde où il y a probablement la plus grande diversité de structure familiale au m². On pourrait donc compléter l'hypothèse de Todd ainsi. Ce n'est pas la famille nucléaire seule qui est à l'origine du maintien du progrès technique en Europe, mais la concurrence entre de multiples peuples aux structures familiales diverses vivant sur un territoire exigu et nécessitant à cause de cela une coexistence frontalière relativement équilibrée. Car il existe d'autres lieux dans le monde où la famille nucléaire existe et les exemples donnés par Todd ne montrent pas des peuples particulièrement avancés. Ce n'est donc pas tant le caractère libéral des peuples d'Europe de l'Ouest qui a fait avancer le continent que la confrontation permanente de structures familiales divergentes.
Mais allons plus loin. Ce n'est pas la nature des structures familiales complexes qui a paralysé l'Ancien Monde mésopotamien ou la Chine. C'est le fait qu'une structure familiale est devenue dominante et a détruit la diversité locale emportant du même coup les bienfaits de la diversité des modes de penser et d'organisation. De cette petite réflexion peut naître une grande inquiétude. Quel est l'avenir du monde si toute l'humanité développe une structure familiale du type nucléaire? Y aura-t-il encore du progrès lorsque nous serons tous américains ou français comme l'anticipe Todd?
L’association Osez le féminisme (OLF) connaît les valeurs sûres, et notamment l’esprit de famille. Magali de Haas, sœur de Caroline de Haas, semble en effet avoir hérité du porte-parolat de la boutique, après que sa prédécesseur-e eût rejoint l’équipe de campagne de Martine Aubry pour y promouvoir « l’égalité femmes-hommes ».
Au gré des tweets et retweets de la cadette de Haas, et parce que toutes les radios de France étaient saturées, mardi matin, de cette nouvelle colossale, on apprenait avec bonheur le lancement, par OLF et le Chiennes de garde, d’une campagne qui fera date : « Mademoiselle, la case en trop ».
L’objectif ? Faire ôter de tous les formulaires administratifs la case « mademoiselle », pour ne laisser aux femmes qu’une seule option : « madame ». En effet, pour les féministes, l’existence des deux possibilités relève d’une indiscrétion, et contraint les femmes à dévoiler leur situation de famille. Par ailleurs, cela constitue une entorse grave à l’idée d’égalité : « vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi on n'appelait pas un homme célibataire "Mondamoiseau", voire "jeune puceau" ? » tancent élégamment les militantes.
Nous souhaitons ici apporter notre soutien plein et entier à l’association de la famille de Haas, et leur proposer quelques idées afin d’aller plus loin. Nous suggérons notamment que l’ouvrage de Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, fasse l’objet d’un immédiat autodafé, que les albums de la chanteuse Mademoiselle K soient retirés de la vente sans délai, et que le frontispice de nos édifices publics soit désormais orné de la devise « liberté, égalité, fraternité, sororité ».
Par ailleurs, nous demeurons dans l’attente du communiqué de Caroline de Haas qui ne manquera pas de nous expliquer pourquoi Martine Aubry n’a pas soutenu un instant la candidature de son amie Catherine Tasca à la présidence du Sénat.
Affaire Takieddine : la justice sur les traces de Jean-François Copé
27/09/2011 17:54 par dlr14ème_62
Affaire Takieddine : la justice sur les traces de Jean-François Copé
27/09/2011 17:54 par dlr14ème_62
Jean-François Copé, l’homme chargé de mettre le parti présidentiel « en ordre de bataille » pour 2012, pourra-t-il tenir jusque-là ? Le secrétaire général de l’UMP, ancien ministre du budget, est un proche de Thierry Gaubert et de Nicolas Bazire qui viennent d’être mis en examen par le juge Renaud Van Ruymbeke dans l’affaire des ventes d’armes à l’Arabie saoudite et au Pakistan. Et il pourrait être visé et entraîné à son tour dans l’affaire.
Des pièces obtenues par les policiers montrent que le marchand d’armes Ziad Takieddine a utilisé, en 2005, sa relation avec le ministre du budget dans les litiges fiscaux d’autres hommes d’affaires, dont Gérard Achcar, le patron d’un puissant groupe agroalimentaire.
La comptabilité de M. Takieddine fait aussi apparaître les largesses dont aurait bénéficié le ministre, entre 2003 et 2005, alors qu’il était ministre et porte-parole du gouvernement Raffarin. D’abord ministre des relations avec le parlement, Jean-François Copé devient, en mars 2004, ministre délégué à l’intérieur, auprès de Nicolas Sarkozy, puis en novembre 2004, ministre du budget.
Il s’agit pour l’essentiel d’invitations et de déplacements au cap d’Antibes, à Londres, à Venise et à Beyrouth. Ces dépenses pourraient faire partie du périmètre du «recel» d’abus de biens sociaux reprochés à M. Takieddine sur les sommes obtenues sur les marchés d’armement.
La comptabilité entre les mains des policiers fait apparaître un «avoir de la famille Copé» s’élevant à 19.050 euros, signalé dans un compte récapitulant les voyages commandés à la société Translebanon. En voici un extrait:
Questionné par Mediapart en juillet, M. Copé a justifié ces voyages par des « relations strictement amicales », « sans aucun lien » avec ses «activités électives ou ministérielles». Récemment questionné sur Canal +, il a même assuré qu’il ne connaissait pas « les activités professionnelles » de Ziad Takieddine.
Comme nous l’avons révélé, M. Takieddine, résident fiscal en France, a dissimulé au fisc pendant plus de dix ans ses revenus et ses propriétés grâce à un réseau d’hommes de paille et de sociétés prête-noms. Jeudi 8 septembre, les policiers ont perquisitionné, durant cinq heures, les bureaux de son avocat fiscaliste, Me Richard Foissac – du cabinet Francis Lefebvre à Neuilly-sur-Seine.
Propriétaire d’un patrimoine estimé à plus de 100 millions d’euros, M. Takieddine ne payait ni l’impôt sur le revenu, ni l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Alors qu’il fréquentait assidûment ses diverses propriétés, M. Copé aurait tout ignoré de la situation fiscale de son ami. Le cabinet du secrétaire général de l’UMP a précisé, jeudi, à Mediapart, que « Jean-François Copé n’est jamais intervenu personnellement sur la situation fiscale de M. Takieddine ». Plusieurs contrôles avaient en tout cas été enclenchés en 2005, sans suite.
La dette Achcar
Pourtant, selon des documents récupérés par les policiers chargés de l’enquête, M. Takieddine s’est intéressé de près aux problèmes fiscaux d’autres contribuables, n’hésitant pas à faire intervenir son ami et ministre du budget, Jean-François Copé. Le marchand d’armes détenait ainsi des dossiers présentant les litiges fiscaux de deux particuliers. Dans l’un de ces dossiers, l’on a retrouvé, précieusement archivée, une lettre de M. Copé.
Le premier de ces contribuables, Gérard Achcar, propriétaire d’une galaxie de sociétés agroalimentaires en Afrique – Grands moulins du Mali, Grande confiserie du Mali, Société des eaux minérales du Mali –, avait fait l’objet d’un contrôle fiscal accompagné de perquisitions en décembre 2000. Le fisc soutenait que l’activité professionnelle de l’homme d’affaires était basée à Paris où il disposait d’une résidence. Achcar le contestait, faisant valoir « une résidence fiscale au Mali » et ouvrant la voie à un long litige fiscal.
C’est le 13 juin 2005 que Jean-François Copé – qui n’avait pas été le ministre initialement sollicité – offrait par écrit une solution à l’homme d’affaires. Tout en maintenant la domiciliation fiscale en France, M. Copé préconise un dispositif sophistiqué permettant « l’abandon des deux tiers des bases » d’imposition. L’avocat chargé de la sortie du litige n’est autre que Richard Foissac, le fiscaliste de Ziad Takieddine.
lettre A
Selon M. Achcar, c’est l’avocat fiscaliste qui aurait été à la manœuvre. « Je ne sais pas comment M. Takieddine a eu accès à mon dossier, certifie M. Achcar, questionné par Mediapart. J’avais deux avocats au cabinet Lefebvre. Sur les conseils de Me Foissac, nous avons écrit au ministre. Et M. Copé a répondu qu’il y avait effectivement quelques anomalies dans mon dossier. » L’homme d’affaires suggère que M. Takieddine, qu’il ne connaît pas, a été informé du dossier par leur avocat commun.
L’autre dossier fiscal conservé par M. Takieddine est beaucoup plus modeste, mais il illustre un peu plus l’instrumentalisation à laquelle se livrait le marchand d’armes. Il s’agit de celui de M. Boris C., un commerçant retraité, retrouvé par Mediapart.
« C’est un ami qui m’a amené chez M. Takieddine, que je ne connaissais pas, explique-t-il à Mediapart. Ma propriété avait été vendue aux enchères, et les créanciers s’étaient réparti l’argent, tous sauf le trésor public qui continuait à effectuer des prélèvements sur ma retraite, alors que l’argent de ma maison était sur un compte à la Caisse des dépôts. Je voulais que le gouvernement le prenne et me foute la paix. Je suis allé chez ce monsieur Takieddine. Mon ami m’a dit qu’il avait des relations au plus haut niveau. J’ai dit très bien : on va essayer. Je l’ai vu, puis je lui ai fait une lettre et lui ai envoyé un dossier. »
lettre B
Boris C. assure que sa démarche auprès du marchand d’armes n’aurait « pas abouti ». Mais il aurait quand même obtenu que le Trésor public lui rembourse « le trop-perçu » ainsi que les pénalités.
Questionné par Mediapart, M. Copé n’a pas contesté l’intervention de M. Takieddine auprès de lui dans les litiges de MM. Achcar et Boris C.. Il s’est contenté de nous préciser que « tous les dossiers qui lui ont été soumis ont été instruits par l’administration fiscale dans le respect des règles en vigueur ». « M. Copé a confirmé l’avis rendu par l’administration », a-t-on indiqué dans son entourage.
De son côté, Me Richard Foissac, l’avocat fiscaliste de M. Takieddine, s’est retranché derrière le secret de l’instruction par la voix du déontologue du cabinet Lefebvre, Me François-Xavier Matteoli.
La droite aurait tort, une fois de plus, de ne pas tirer les leçons d’une défaite électorale cinglante.
Ce n’est pas, en effet, la première fois après les européennes, les cantonales et les régionales : voici maintenant le basculement historique du Sénat à gauche !
Défaite d’autant plus lourde que les grands électeurs ont davantage sanctionné la droite qu’adhéré à un projet de gauche totalement inexistant.
Si les Sénateurs UMP avaient été plus courageux en refusant la réforme territoriale, ils n’auraient pas perdu la majorité. Mais, comme toujours, au lieu de reconnaître leur défaite, au lieu d’en comprendre les raisons, la majorité présidentielle s’arc-boute sur la fausse explication des divisions pour ne pas faire son examen de conscience.
Il serait en effet temps d’admettre que si les candidats alternatifs ont eu tant de succès, il y a bien une raison.
Si Madame Balkany, scandaleusement investie par l’UMP, est de nouveau battue à plate couture, ce n’est pas pour rien.
Au-delà de la réforme territoriale qui porte atteinte à la liberté communale et à l’équilibre des territoires, cette élection révèle l’allergie de notre peuple à la présidence Sarkozy. Si les grands électeurs habituellement plus modérés que nos concitoyens en sont arrivés là, c’est bien parce qu’ils ne supportent plus à la fois la politique menée et la manière de gouverner.
Si Nicolas Sarkozy avait un peu de dignité, il annoncerait clairement sa décision de ne pas se représenter car c’est quand même un comble au moment où idéologiquement la France n’a jamais été aussi à droite que de laisser passer le Sénat à gauche.
Dans une France secouée par les affaires, abimée par une politique économique malthusienne, en proie au doute et à la résignation, il y a besoin plus que jamais d’une alternance politique patriotique et républicaine.
Très vite, les Français vont comprendre que la gauche n’a pas plus de solutions que la droite car l’une comme l’autre ne veulent corriger qu’à la marge le système délétère qu’elles ont construit.
Notre rôle est à l’inverse de changer ce système pour enfin pouvoir résoudre les problèmes quotidiens de nos concitoyens et redonner un espoir au pays qui, contrairement à ce qui est souvent dit, regorge d’atouts.
Bascule du Sénat : l’éruption de la fin est encore loin
26/09/2011 10:53 par dlr14ème_62
Bascule du Sénat : l’éruption de la fin est encore loin
26/09/2011 10:53 par dlr14ème_62
Bien sûr, il n’est pas répréhensible de communier dans la joie l’espace d’une soirée. On le concèdera volontiers aux socialistes et affiliés. Il est légitime que la bascule à gauche du Sénat - qui offre à celle-ci la majorité absolue - leur donne du baume au cœur. En cette période de primaires, c’est même fort bienvenu, alors qu’une ambiance de Nouvelle Guerre des boutons semblait s’installer tantôt entre les différentes écuries.
Peut-être faut-il toutefois nuancer l’ivresse de la victoire, en commençant tout d’abord par corriger une erreur. En effet, contrairement à ce que l’on entendit en boucle en cette soirée du 25 septembre, le Sénat n’était pas à droite depuis 1958. C’est le journaliste politique Laurent de Boissieu qui nous le rappelle en ces termes: « de 1959 à 1968 le président du Sénat est à gauche. Il s'agit de Gaston Monnerville, membre du Parti Républicain Radical et Radical-Socialiste (PRRRS). Ce parti a ensuite dérivé au centre puis à droite (…) mais il était sans conteste à gauche dans les années soixante ».
Au-delà de cet erratum, et face aux saillies autosatisfaites de certains représentants de la socialistosphère, il convient par ailleurs de tempérer l’enthousiasme. Certes, pour Harlem Désir, la bascule du Sénat est « un signe très fort pour 2012. Un présage de changement ». Mais présages et sondages ne sont les deux mamelles de rien du tout, et ce ne sont pas eux qui font une élection. Anasognosiques exceptés, les « oui-ouistes » du référendum de 2005, relatif au traité constitutionnel européen (TCE), peuvent en témoigner.
Par ailleurs, la couleur de la deuxième chambre ne semble avoir qu’assez peu de conséquences sur le résultat des élections présidentielles. Car, aussi vrai que Gaston Monnerville était de gauche, le Sénat était à droite en 1981, comme en 1988. Pour 2012, donc, rien n’est gagné. Cela a beau être un truisme, il semble valoir d’être rappelé.
Enfin, la blogosphère a résonné, durant toute une soirée, de slogans gentiment candides tels que « bascule du Sénat, première victime : la règle d’or ! ». Certes, cela se conçoit si l’on considère que ladite règle doit être constitutionnalisée ou n’être point. Mais d’aucuns ont proposé, souvenez-vous, de l’inscrire dans la loi dès après 2012.
Ne sont-ce pas ceux-là mêmes, chers camarades, qui briguent vos suffrages ?
Dupont-Aignan à 9% de potentiel électoral selon l’IFOP !
26/09/2011 10:48 par dlr14ème_62
Dupont-Aignan à 9% de potentiel électoral selon l’IFOP !
26/09/2011 10:48 par dlr14ème_62
Potentiel électoral et popularité de Nicolas Dupont-Aignan : la progression de la rentrée 2011 – Près d’un Français sur dix estime probable de voter Dupont-Aignan (IFOP)
C’est l’une des surprises du mois de septembre 2011 : Nicolas Dupont-Aignan consolide de manière significative sa base électorale et sa popularité à presque sept mois de l’élection présidentielle.
Sa cote de popularité progresse dans tous les baromètres :
aussi bien chez IFOP/Paris-Match où il recueille 19% de bonnes opinions. Nicolas Dupont Aignan trouve ses soutiens parmi les jeunes, 21% des moins de 35 ans et même 22% chez les 18-24 ans. Quand on s’attache à regarder les catégories socio-professionnelles, le député de l’Essonne parvient aussi bien à séduire les professions libérales et cadres supérieurs (23%), que les ouvriers, 20%.
qu’à l’institut SOFRES/Figaro-Magazine où il progresse de trois points en cote d’avenir à 7%, dont huit points de hausse auprès des sympathisants de droite, faisant de lui l’une des plus fortes hausses du mois d’août 2011 !
Plus largement, dans le dernier potentiel électoral réalisé par l’IFOP pour Debout la République, le 9 septembre 2011, Nicolas Dupont-Aignan obtient un score particulièrement élevé : près d’un Français sur dix estime probable de voter pour lui !
Avec 9% de Français qui estiment probable de voter pour le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan dispose d’un socle électoral intéressant, parmi lesquels 13% des 18-24 ans, 11% des 35-49 ans, 13% des ouvriers, 15% des employés, 16% des « sans-diplôme », 13% des habitants du Sud-Ouest, 18% des sympathisants du Front de gauche, 10% des sympathisants de droite, 13% des sympathisants du FN ou encore 13% des électeurs de François Bayrou de 2007 !
Tous ces chiffres illustrent la forte attente des Français à l’égard d’une autre politique et confortent le choix du courage politique que nous avons choisi, ensemble : plus que jamais, Français, reprenez le pouvoir !
NDA a rendu visite aux grévistes de la faim de Lafarge
26/09/2011 10:42 par dlr14ème_62
NDA a rendu visite aux grévistes de la faim de Lafarge
26/09/2011 10:42 par dlr14ème_62
Soutenons la grève de la faim des salariés de l’usine Lafarge de Frangey !
Le 24 Septembre 2011, Nicolas Dupont-Aignan est venu soutenir les grévistes de la faim de l’usine cimetière Lafarge de Frangey dans l’Yonne en compagnie de son vice-président François Morvan, qui campent depuis lundi avec leurs délégués syndicaux et leur Maire devant le siège social du groupe à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, malgré une tentative d’expulsion violente par les CRS mardi dernier.
La fermeture de l’usine de Frangey est emblématique du drame social dans lequel la France plonge.
Le groupe Lafarge, entreprise du CAC 40, numéro un du ciment en France est un groupe mondial florissant qui réalise un chiffre d’affaire de plus de 15 milliards d’Euros par an , dont 800 millions d’Euros en France. Son taux de rentabilité est de l’ordre de 30%, puisque le dernier bénéfice affiché est de 250 millions pour la France.
L’usine de Frangey est dans le collimateur depuis des mois et menacée de fermeture.
Pour les salariés et leurs représentants syndicaux, Florent Gaden (CFDT) et Joël Quimbre (CGT) cette fermeture est un non-sens économique qui ne peut que dissimuler des motivations inavouables, et celle la plus souvent suspectée par les grévistes est celle d’entente illicite de répartition des marchés et du territoire avec les autres groupes cimentiers.
Alors que la production de ciment, de par le coût du transport, est une affaire de production local ou régionale, la direction n’hésite pas à faire venir du ciment du Havre ou de Rennes pour fournir les clients proches de l’usine, alors même que les coûts de production sont comparables dans ces usines lointaines. On veut en quelque sorte démontrer que le chien à la gale avant de l’abattre. Pour preuve de l’irrationalité économique de la décision du groupe, les salariés dénoncent le dépôt d’une demande d’autorisation déposée par le groupe d’une carrière de granulas à 15 km du site de l’usine !
Qui plus est, l’usine de Frangey est une usine moderne, qui a mis en œuvre des techniques d’avant-garde pour la réduction des émissions de CO ² et qui bénéficie d’un savoir-faire industriel acquis depuis 1930.
Pour Jean-Claude Galaud, Maire de la commune de Lézinnes, où se trouve le site industriel, venu faire la grève de la faim avec les salariés, la fermeture de l’usine touchera plus de 250 emplois dans son secteur. Les promesses de reclassement, dont on sait ce qu’elles valent par les temps qui courent, sont du vent face au drame économique qui menace les familles. Les grévistes reçoivent ainsi devant le siège de Lafarge le soutien de la population locale, agriculteurs en tête.
A l’initiative de Guillaume Nollin, Secrétaire Départemental des Hauts-de-Seine de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan est venu soutenir les grévistes de la faim et a dénoncé cette nouvelle illustration de l’aveuglement de la politique économique menée depuis vingt ans.
Le patrimoine industriel de la France est asséché par la collusion entre les grands groupes industriels et financiers engagés dans une course mondiale au profit sans limite, tandis que les gouvernements et l’Etat sont aux abonnés absents, arc-boutés dans la défense du libre-échangisme déloyal et au sauvetage d’un Euro en faillite. La France est abandonnée au règne de féodalités économiques, financières et politiques.
Il leur a promis de revenir et de tout faire pour soutenir leur combat.
Lafarge : grévistes de la faim devant le siège, appel à cesser le travail
SAINT-CLOUD, 24 septembre 2011 (AFP) - Douze salariés de l’usine Lafarge de Frangey (Yonne) ont commencé samedi leur cinquième jour de grève de la faim devant le siège de l’activité cimenterie du groupe à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) et un appel à cesser le travail lundi a été lancé pour les autres sites. Ces salariés auxquels s’ajoute le maire (sans étiquette) de la commune de l’Yonne ont installé un petit campement de cinq tentes, dans lesquelles ils ont placé des lits de camps avec des couettes, et ne s’alimentent plus depuis mardi.
"On est un peu fatigués et un peu crispés mais la détermination reste la même. Notre objectif c’est de continuer la grève jusqu’à ce que le projet de fermeture soit retiré", a dit à l’AFP Florent Gaden, délégué CFDT de l’usine. La CFDT et la CGT (syndicat majoritaire) ont appelé "tous les salariés de Lafarge ciments" à mener une grève dans les différents sites en France, à partir de lundi.
Le groupe Lafarge Ciments a annoncé en mai la fermeture, fin 2012, de son usine de Frangey, employant 74 salariés, en raison notamment d’une surcapacité des fours par rapport au marché national et d’un coût de production élevé. Le site était en activité depuis 1930.
"La direction a vraiment l’intention de reclasser 100% des salariés", a dit à l’AFP une porte-parole de la direction.
Celle-ci a précisé qu’une série de mesures avait été proposée comme "la prise en charge de l’intégralité des frais de logement pendant 15 ans minimum" pour les salariés contraints de déménager pour travailler sur un des autres sites Lafarge en France.
Premier cimentier mondial, Lafarge emploie 8.000 personnes en France et 76.000 dans le monde. Son chiffre d’affaires, en 2010, s’est élevé à 16,2 milliards d’euros, dont 60% dans le ciment.
Des personnalités politiques, de droite et de gauche, ont apporté cette semaine leur soutien aux salariés en grève de la faim.
Samedi en fin de journée, le député de l’Essonne et président de Debout la République Nicolas Dupont-Aignan est venu leur "dire qu’ils ne sont pas seuls", a-t-il déclaré à l’AFP.
"Je n’en peux plus de voir des entreprises fermer, des salariés jetés comme des chiens", a-t-il dit, estimant que les arguments de Lafarge pour justifier la fermeture "ne tiennent pas la route".
Vendredi, plusieurs personnalités de gauche étaient venus soutenir les grévistes de la faim, dont le premier secrétaire fédéral du PS des Hauts-de-Seine, Pascal Buchet, la sénatrice communiste sortante Brigitte Gonthier-Morin ainsi qu’André Gattolin (EELV). Ces deux derniers figurent sur la liste d’union de la gauche aux sénatoriales dans les Hauts-de-Seine.